Du fin fond de Myeongdong…

Les bars coréens n’ont pas vraiment d’adresse et celui-ci, même à Séoul, semble être une caverne au milieu d’une cambrousse, au bout d’un chemin de terre.

C’est quelque part à Myeongdong, voilà. Entre là et là, au bout d’une rue qui monte. On y va au milieu d’une nuit déjà bien embrumée, l’amie qui nous y mène n’est même pas sûre que cela puisse être ouvert à cette heure. Mais, arrivé devant, si, c’est ouvert.

Mais qu’est ce qui est ouvert, au fait? C’est un « bar », ça?

Une sorte de brocante érigée en cocon, un musée du visuel et de la breloque qui recouvre les murs sur des couches qui semblent centenaires. Il y a tellement peu de lumière qu’on ne suppose même pas prendre cela en photo. Les icônes, les  fantômes seraient les seuls habitants du lieu? Est-ce eux aussi qui font cette musique qui sort d’un petit haut-parleur caché entre les objets?

Non, un barbu grisonnant débonnaire nous accueille avec le sourire. C’est le patron, 신경수, Shin Kyeong -su, et il tient bien un bar. C’était le lieu favori de notre amie lorsqu’elle était jeune étudiante.

Depuis, seule l’épaisseur des couches de déco a changé. Et le prix des bières a décollé pour être celui d’un lieu « hype », mis en avant dans des guides touristiques japonais paraît-il.

C’est qu’on ne paie pas que la déco. Le lieu est un club de live music à la demande. Le patron vous joue potentiellement ce que vous voulez. A la guitare, la basse, le chant, et chaque client est libre de prendre l’un ou l’autre aussi. On imagine les ambiances que cela peut donner. Du Norebang mélangé à un boeuf rock.

Mais, ce soir là, l’homme-orchestre fêtait ses retrouvailles avec notre amie. Il joue de vieux airs coréens ou des tubes rock vintage. Elle s’installe à la batterie et retrouve intacts ses réflexes de jeune fille rebelle.

Le secret est partagé avec un adorable couple inconnus, des coréens travaillant quelque part dans le cinéma. Ils connaissent peut être eux aussi le patron, un ancien producteur de cinéma. Shin Kyeong -su est un sacré showman, à la voix très sûre, et avec un jeu de guitare assez acrobatique, s’autorisant toutes ruptures de rythme et improvisations. Il joue sans pause, il pourrait le faire pendant des heures, il semble le faire depuis des siècles tous les soirs, il ne s’arrête que lorsque la batteuse est exténuée, c’est du live à la coréenne, 끝 까지, jusqu’à la fin de la nuit et des forces.

On le quitte lorsque le jour s’annonce. On en avait même oublié qu’il n’y a pas de chauffage dans cette cave, qu’on était tout de même un peu engourdis. Un peu de gentillesse et de coréen maison donne droit à la carte du bonhomme, sésame pour avoir adresse et numéro.

Le téléphone fixe est le 02 778 2401, mais s’il est en plein concert comme ce soir-là, je doute qu’il réponde.

Alors, l’adresse : 서울 증구 저동 20-2. Et le lieu a quand même un nom, FEEL, mais précisément FEEL 3  : il y a eu deux précédents bars, habitude courante en Corée avec ces emplacements si volatils.

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