2 Doors, le grand documentaire de 2012

두 게의 문Two Doors 두 게의 문, sorti en salles en 2012, revient, encore et encore, parce qu’il y a eu une palanquée de documentaires à ce sujet, sur la mort de manifestants à Yongsan, en 2009. Un incendie a ravagé un immeuble qu’ils squattaient, en protestation contre un des ces projets immobiliers délirants qui défigurent la ville et mettent des commerçants sur le carreau. Voire à Hapjeong ou Sindorim par exemple. Cet incendie a eu lieu en présence de la police, qui était dans le bâtiment, en train de donner l’assaut. Un policier a par ailleurs été tué, et c’est justement en allant voir du côté de la police que Two Doors marque les esprits. Les documentaires coréens sont en effet souvent faits par des militants qui défendent une cause sincère, mais ne vont pas chercher la contradiction. Les réalisatrices de Two Doors cherchent la bagarre, car d’abord elles osent montrer les manifestants sous un jour moins favorable que la vision « militante ». On voit des manifestants juste des silhouette encagoulés, cela ne nous aide pas à les rendre sympathiques. Et de plus, elles racontent l’histoire du côté de la police. Pourquoi? Parce que le gouvernement a fait un procès aux manifestants survivants les accusant de la mort du policier dans l’incendie. Le procès a été gagné mais fut une énorme manipulation.

Parti pris des manifestants, mais une vision côté police

두 게의 문2Les documentaristes ont certes clairement choisi leur camp, celui des manifestants, mais elle choisissent d’attaquer les supérieurs de la police, et de se ranger du côté des pauvres gars à qui on a promis une petite opération classique et qui en sont resortis blessés ou au mieux meurtris. Elles balancent un énorme pavé dans le débat : les images de la police, les caméras embarquées, éventuellement fixées au casque, façon GIGN. Des images stupéfiantes de jeunes recrues qui flippent dans des escaliers, au milieu d’une fournaise qui pourrait les engloutir. Et qui parlent, et qui reçoivent des ordres. Qu’est-ce qui s’est dit, qui a donné quel ordre, pourquoi avoir engagé cette opération au mépris même de la sécurité des policiers ? A titre d’exemple, les supérieurs savaient que les manifestants étaient en possession de bombes incendiaires et de stock de peinture, mais ne l’ont pas dit aux policiers. L’incendie fut ravageur parce qu’il a été alimenté par la peinture à l’huile, ce qui le rendait impossible à éteindre avec des lances à incendies classiques. Une opération bien préparée aurait du prévoir cela. Donc pourquoi s’être précipité? Etc. Le documentaire rend surtout compte d’un monde où, en période de tension et de mesquineries au plus haut niveau, on finit par ne plus savoir qui a merdé en premier.

A chaque seconde de l’événement, les documentaristes font « pause » elle décryptent et rassemblent tout ce qu’elles peuvent : les images de la police, mais aussi les multiples images de toutes les télés, les interviews, le procès, etc. Un travail de recherche inouï et qui a été salué comme une première dans le documentaire coréen. Le résultat est un mélange de suspense implacable, de film d’action et de film politique, le tout 100% vrai. Assurément le documentaire coréen de l’année 2012.

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